C’est en mode intimiste que le Maghreb des Livres, le salon spécialisé sur les nouveautés de l’édition autour de l’Afrique du Nord jusqu’en terres palestiniennes a accueilli son public d’habitués le premier week-end de juin sous les ors des salons de l’Hôtel de ville de Paris. Peu de monde, peu de communication, mais toujours l’occasion de retrouver d’anciens auteurs et autrices de Riveneuve (Cécile Oumhani, Christian Phéline, Driss Ksikes, Slim, Sarra Grira, Ahmad Salamatian, le patron de la librairie Tiers Mythe qui tenait le stand des livres…), des amis, des partenaires (Orient XXI, Radio Orient, les éditions Al Manar, Chèvre-feuille étoilée, la revue Algérie Littérature Action...). Le chercheur marocain Mostafa Bouaziz intervenait le samedi avec plusieurs de ses livres dont La Maison du Maroc à la Cité U publié chez Riveneuve avec Guillaume Denglos et Sabri Giroud, le coordinateur de la somme La Palestine en 50 portraits. De la préhistoire à nos jours était interviewé d’abord par Loïc Barrière de Radio Orient avant une séance de dédicaces. C’était l’occasion pour lui de rappeler, dans le contexte de destruction générale à Gaza, que “les monuments de la Palestine, ce n’est pas le bâti, mais ce sont les gens”. Dont Jésus ou Marie-Madeleine qu’on retrouve partout dans les prénoms aujourd’hui encore et dans la toponymie, mais aussi des personnalités riches comme le dessinateur Naji al-Ali aux 10 000 dessins de presse “comme autant d’armes de résistance et de libération” (il sera d’ailleurs assassiné en 1987), la chamane natoufienne qui ouvre le livre (10 000 ans avant J.-C.) et marque la sédentarisation des populations jusqu’au cameraman Yasser Murtaja, tué par l’armée israélienne en 2018 et qui ne sera jamais sorti de Gaza durant ses 31 ans d’existence. On sait depuis que plus de 150 journalistes ont été tués à Gaza, poussant les Nations unies à désigner les journalistes palestiniens couvrant Gaza comme lauréats du Prix mondial de la liberté de la presse le 3 mai dernier, Journée mondiale de la liberté de la Presse précisément. Et Sabri Giroud s’est envolé pour Tunis le lendemain afin d’y présenter son ouvrage dans un pays très divisé où l’arbitraire est au pouvoir mais où seule la question palestinienne réunit toutes les familles…

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