Invité le jeudi 5 mars au Centre Arabe de Recherches et d’Études Politiques (CAREP) à Paris, le politiste Jérôme Heurtaux est revenu sur son livre Le droit international est-il mort à Gaza? devant une quarantaine de personnes tandis que plus du double suivaient la conférence en ligne. Son débateur Benjamin Fiorini, secrétaire général de l’Association des Juristes pour le Respect du Droit International (JURDI) qui multiplie depuis 2024 les assignations de la France ou d’entreprises, les mises en demeure des institutions françaises ou européennes ou les saisines de la Cour de justice de la République contre des personnalités comme le ministre des Affaires étrangères Jean-Noel Barrot pour propagation de fausses nouvelles quand il s’attaque à la rapporteuse spéciale des Nations Unies Francesca Albanese, a fini par poser la question paradoxale et rhétorique : compte tenu du manque d’effectivité du droit international à Gaza, n’y est-il pas mort ? « Le droit international n’est pas mort à Gaza, mais il n’a jamais été très vivant non plus pour la Palestine et depuis des décennies » a pu répondre l’auteur. Sans police pour le faire respecter et avec son ambiguïté intrinsèque puisqu’il protège les États qui peuvent faire de grands crimes, il reste toujours une potentialité, il relève du dogme, de la croyance. Il existe parce qu’on y croit, qu’on s’y réfère, qu’on en parle et qu’on le fait ainsi exister, tout comme JURDI précisément. Au-delà d’une efficacité immédiate, c’est une langue de connaissance commune qui permet d’établir les faits en les qualifiants pour des poursuites judiciaires (au niveau national comme international) et c’est aussi un outil de mobilisation des opinions publiques. C’est au nom du droit international que le premier ministre espagnol Pedro Sanchez tient tête à Trump sur Gaza, l’Iran ou le Venezuela, que le Nicaragua attaque l’Allemagne pour collaboration de génocide devant la Cour internationale de Justice (CIJ) en 2024, que la Belgique a rejoint l’Afrique du Sud dans sa plainte contre Israël devant cette même CIJ en 2025, que les ventes d’armes à Israël sont remises en cause au Royaume-Uni… Comme l’assure Jérôme Heurtaux, il faut une « dissuasion du droit international » à commettre des grands crimes, et pour cela, il faut la mobilisation constante des citoyens et des citoyennes. Ça tombe bien : on vote dimanche !
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