Haïti, le désastre et les rêves
Revue Riveneuve Continents n° 13
Haïti pose problème. Impensable au moment de sa naissance, seul État criant victoire sur le système colonial esclavagiste, s’inscrivant d’entrée dans le débordement, la marge. Quel est le poids de cette solitude native sur le
langage, l’organisation sociale ? Avec quels mots dire soi et
l’autre quand nul ne vous accorde le statut de « prochain » ?
A quels doutes, impasses, chemins et cohérences conduisent
cette solitude native et son prolongement dans la durée ?
Le 12 janvier 2010, le tremblement de terre a renouvelé
la tragique expérience épisodique du désastre naturel. Il
a aussi rappelé la part de l’homme dans le malheur dont
la nature est l’occasion, et par contrecoup que l’homme
tout seul est aussi capable de plus grands désastres encore
et d’une horreur à en couper les langues. La littérature
du monde est pleine de ce partage entre bruit et silence :
à partir d’Haïti, et autour, « Riveneuve Continents » a
proposé aux écrivains de reprendre et de continuer cette
élucidation sur la légitimité de la littérature, sous l’angle
de la confrontation entre l’auteur et l’indicible, comme
expérience des limites.
Au sommaire de ce numéro : Dominique Batraville, Robert Berrouët-Oriol, Chantal Boedts,
Eric Brogniet, Sylvestre Clancier, Daniel Delas, Jean Durosier
Desrivières, Natahalie Etoké, Frankétienne, Julia Gaffield, Robert
Giroux, Bernard Hadjadj, Héléna Hugot, Gary Klang, Antoine
Kongolo, Jérôme Lebaud, Michel Maffesoli, Lionel Manga, François-
Pierre Nizery, Alain Sancerni, Eric Sarner, Lenous Suprice, Lyonel
Trouillot, Yves Wellens
Libre cours : Sony Labou Tansi, Emile Ollivier, Anthony Phelps, Henry Saint-
Fleur, Daniel Fano, Fulvio Caccia