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Collection Arpents

Jean-Robert Léonidas
Rythmique incandescente


Stoïcisme froid au milieu des big-bangs. Distance critique pour trucider le « je ». Ne vous y trompez pas. La logique poétique saisit sa musique et son intensité dans le point faible voulu de la démarche, presque au bord d’une psychologie de l’absurde. Le cadavre du moi trouve sa résurrection dans la dégringolade artistique du raisonnement. Là même où commence la faille, source improbable néanmoins réelle d’un renouveau esthétique. Ce n’est donc pas sans une déchirure adroitement mise en bémol que Jean-Robert Léonidas décide de tomber sa tenue et son outillage d’homme en blanc, pour risquer de vivre exclusivement en littérature. Et avec grand bonheur. De cette cassure radioactive et libératrice de chaleur est née, dans le feu et la flamme, Rythmique Incandescente.
Né à Jérémie, Haïti, Jean-Robert Léonidas a mené de front des projets d’écriture et une carrière d’endocrinologue aux États-Unis. Essayiste, poète et romancier, il collabore pendant longtemps à la rubrique culturelle de l’hebdomadaire Haïti-Progrès (New York). Plus récemment, à travers sa poésie, il fait sentir à maintes reprises, sur le site du Nouvel Observateur et glissant le long des nuques, le souffle haletant mais accrocheur et tenace, de son pays, de sa culture. Auteur de maints articles scientifiques, ce créateur polyvalent est à son septième ouvrage littéraire. Aujourd’hui, naviguant entre son patelin et ailleurs, il fait rimer horticulture et littérature. Son écriture, racine et floraison, est ancrée dans la Grand-Anse natale comme les arbres qu’il y plante volontiers. L’auteur en emporte le parfum dans les salons du monde qu’il fréquente, sans saison ni coordonnées, ni lisières.


12 x 20 cm - 136 pages
ISBN: 978-2-36013-068-9
Prix : 12 € €


12 X 20 - 108 pages
isbn : 978-2-36013-065-8
Prix 12 €

Paroles d'une île vagabonde

Dominique Deblaine

Île était une fois la Guadeloupe. Île était une voix, celle d’une île créole de la Caraïbe. Paroles d’une île vagabonde est une chronique hallucinante, un journal passionné et un récit géopoétique de la Guadeloupe, mêlant l’énergie du discours et l’intimité de la confidence.
Ici c’est la terre elle-même qui s’est emparée de la parole et qui dit le vécu pluriel d’une île à l’histoire mouvementée. Comme dans un manuel de conscience naturelle, elle dit tout : le dépeuplement fondateur, l’esclavage, la vitalité identitaire, les volcans, les cyclones, les conflits, les conservatismes et les audaces, les errances et l’enracinement, les solidarités et les solitudes. La parole captatrice de ce paysage parlant a enregistré les merveilles d’une nature vigoureuse mais aussi les ratages et les ravages : « Sur mon territoire, tout prolifère et se délite. » Loin d’être enfermée dans l’éloge d’une créolité sûre d’elle-même, la parole de l’île dit longuement la complexité ambiante : « Moi, île bonté, île têtue, île refuge ; moi île alcool, île poussière, île boucan, île vomissure, île aux abois ; île lassitude, île solitude, c’est moi que l’on prend, que l’on pille, que l’on souille, que l’on fait sienne, puis qu’on roule dans la boue. Et mes ailes supportent le saccage, l’entassement, la frénésie terrifiante ».
Tour à tour maternelle, indignée, sensuelle, enthousiaste, l’île parlante a parfois un langage d’une énergie césairienne : « j’exhale la vigueur de ceux qui ont survécu à l’indigne. »
C’est aussi une île à l’esprit caribéen, qui voyage et rend visite à ses voisines, dans une nouvelle traversée du milieu. Dominique Deblaine, jusque-là auteure de nouvelles douces-amères, a fait corps avec son île natale pour une « vagabondagerie vivifiante » de l’écriture antillaise, loin des nouveaux exotismes et des « fuyards sans marronnage ». Après Simone Schwarz-Bart, Daniel Maximin, Ernest Pépin et Max Rippon, elle vient d’ouvrir une nouvelle tracée dans la littérature antillaise.
Rafaël Lucas


Une Maison à l’ouest d’à peu près tout
Sébastien Kérel

Passages de gares en gares, défilés d’images zébrées derrière les vitres
d’un train, voyage, voyage, encore voyage, ce livre de Sébastien Kérel
semble a priori une sorte d’échappée dont on ne peut vraiment saisir
le point de départ ni le point d’arrivée, seulement le sens, d’est en
ouest. Pourtant, première découverte à l’ouest (de...?), il y a ce bureau
parisien, siège central de l’ennui quotidien, ce lieu où naissent tous
les désirs d’ailleurs, fuir les ombres, repartir. Où? N’importe, on y va:
la Bretagne, le Golfe du Morbihan, et puis Tanger, le Maroc, et puis
à nouveau la Bretagne, Belle-Île, mais il faut aller plus loin, le Chili,
jusqu’aux derniers mots d’une éternelle évasion, celle des « pêcheurs en
cirés » qui « comme les crabes ne savent pas où finit le monde ».
Notes éparpillées, poésies, correspondances, le chemin ne s’arrête
jamais. La fin du livre n’est pas une fin, peut-être même le
commencement. Roman? Poème? Ni l’un ni l’autre, ou un peu des
deux. Carnet de bord, oui, en toutes formes, bouts de prose et de
vers. Sébastien Kérel est bien un Arpenteur, un de ceux qu’on a envie
de suivre, non pas pour découvrir les étapes du voyage, mais pour
les fondre dans une sorte de confort crépusculaire, la douce lueur de
l’Ouest, si peu près de tout.
François-Pierre Nizery
L’auteur est né loin de France en 1973. Des études à Paris, lettres, Sciences-
Po, doctorat ; puis un long séjour en Afrique dans une ambassade avant
de revenir en métropole enseigner dans une grande école. Il a publié des
vers et de la prose dans de nombreuses revues (Le Nouveau Recueil, Sud,
le Journal des Lointains, La Polygraphe…). Une Maison à l’Ouest d’à
peu près tout est son premier livre.

12 x 20 cm - X pages
ISBN: 978-2-36013-029-0
Prix : 12 €


12 x 20 cm - 93 pages
ISBN: 978-2-36013-023-8
Prix : 12 €

Louis-Philippe Dalembert
Transhumances

Transhumances, est-ce simplement de la poésie, quelques mots chantés ou murmurés tout au long d’un parcours? C’est bien plus que cela. Louis-Philippe Dalembert est un oiseau, un drôle d’oiseau, certes, comme bien des poètes. C’est un oiseau migrateur qui survole le monde, son monde, l’observe avec toujours l’envie de garder sa distance, mais aussi le besoin d’y picorer les zestes de l’enfance qui le tenaillent encore, une enfance « dépoétisée », un « écran vide... sans mémoire », une enfance haïtienne toujours là, qui ne quitte pas son âme. « On ne quitte pas ce pays ». Pourtant, l’oiseau repart, toujours, ailleurs, redevient « l’étranger en marche sur la terre », portant sa « dissemblance en bandoulière ».
Louis-Philippe Dalembert est un vrai poète, l’un de ces arpenteurs qui, un jour, font étape dans la « maison » Arpents, mais il est surtout un homme, profondément humain, dont le regard sur le monde ne peut laisser indifférent. Poète, nouvelliste, romancier et essayiste, Louis-Philippe Dalembert est né à Port-au-Prince, Haïti. De formation littéraire et journalistique, il travaille comme journaliste d’abord dans son pays natal avant de partir en 1986 en France poursuivre des études qu’il achève en Sorbonne par un doctorat en littérature comparée sur l’écrivain cubain Alejo Carpentier. Depuis son départ d’Haïti, ce vagabond polyglotte a vécu tour à tour à Nancy, Paris, Rome, Port-au-Prince à nouveau, Jérusalem, Florence, voyagé partout où ses pas ont pu le porter… dans l’écho renouvelé de la terre natale. Louis-Philippe Dalemebert vit aujourd’hui à Berlin.


Keremma
François Lunel

François Lunel a-t-il écrit un roman ? Dans la forme, oui, sans doute. Keremma est une histoire, celle d'un couple qui se cherche et s'étouffe, qui s'échappe et s'en va, là-bas, demander à la mer et au vent la réponse à leur mystère. C'est une histoire, c'est un roman, mais c'est bien plus que cela, une trame presque invisible et pourtant si présente, où se mêlent la poésie pure et le silence du temps pétrifié, semblable à celui qui nourrit chacune des séquences d'un film « nouvelle vague ». François Lunel est un homme de cinéma, mais un homme de cinéma qui a su franchir la frontière de son rêve d'images et saisir les mots du silence. Oui, Keremma est vraiment dans l'esprit de la collection Arpents.
"La mer vient jusqu'à nous." C'est ce qu'elle dit. "La mer approche." C'est ce qu'elle croit, à cause du bruit qui est à la fois plus doux et plus fort. C'est comme une respiration, un lendemain de tempête. La mer reprend son souffle, éreintée. Elle le reprend dans un râle qui l'empêcherait de mourir. Parfois, elle s'y emploie à deux fois. C'est l'effet que produit sur eux le bruit du ressac. Ils tremblent, et s'étreignent pour que cesse ce râle effrayant, cette respiration égale, bestiale, cette chose qu'ils ne savent nommer. C'est étrange comme ils se donnent l'un à l'autre, à cet instant. Leur peau n'est plus une limite entre leur corps, ni même l'achèvement de leur vie propre, elle est couverte d'une sueur accumulée. Collés l'un à l'autre, comme soudés, pour toujours. "Pour toujours", dit-elle, "pour toujours ensemble." Séparés.

François Lunel est né en 1971 à Paris. Il est cinéaste. Parmi ses films, La Promenade inopinée, Sol en Mer, Jours tranquilles à Sarajevo, Les Embarqués, Together with Sonny Simmons, La Sieste , Chez Léon coiffure, L'Apparition de la Joconde.



12 x 20 cm - 104 pages
ISBN: 978-2-36013-018-4
Prix : 12 €



12 x 20 cm - 64 pages
ISBN: 978-2-914214-64-3

Prix: 12 €
Comme partout ta réverbération
Alain Sancerni

La poésie d’Alain Sancerni est un chemin qu’on est tenté de suivre en courant sur les mots, en se laissant porter par le flot quitte à parfois regarder en arrière et tenter d’apercevoir ce qui aurait pu échapper dans un sentier de travers.
Comme partout ta réverbération n’est pas une halte sur ce chemin mais les mots, cette fois, nous demandent de ralentir le pas, de marcher à leur rythme sans nous contenter d’en effleurer le sens, de les interroger même : qui est ce tu ? Qui est le je qui lui parle ? Qui est l’autre et son flou ? Qui est cela ? Qui sont les nous ? Il n’y aura pas de réponse.
Deux mots, deux expressions, suffisent à faire taire l’enquêteur : « l’envie du doute » et « le miroir ».
Cesse alors tout désir de lire « tu », « je », « nous », « cela », dans un sens ou un autre. Seul reste le doute, donc le mystère, et le miroir, donc l’éternelle question de la Réverbération. Reste aussi une bataille, probablement sans issue, entre sujet et objet, entre singulier et pluriel. Je deviens nous, tu deviens cela. Effet miroir ? Flou de l’autre ? Masque de la nuit ?
François- Pierre Nizery

Chants de l'heur et d'ailleurs
François-Pierre Nizery

Dans tout chemin de vie, il y a un commencement et un aboutissement, des lieux d’embarquement et de débarquement, des retours à la source et des arrêts temporaires. Et puis il y a l’immobile, l’immuable, le roc de la conscience, au seuil de chaque porte.
Et pour dire tout cela, il y a le chant de la poésie sous toutes ses formes. Un peu de vers, un peu de prose, un peu de réel, un peu d’imaginaire, un peu de conte, un peu de mémoire des lieux et des hommes.
Telles sont ces variations poétiques de François-Pierre Nizery, une sorte de promenade au clair de lune, de la Bretagne à Bruxelles, en passant par ci, par là, quelque part dans le monde, du temps d’avant au temps d’après, comme un songe qui devient menhir.
Romancier, essayiste, poète et peintre, François-Pierre Nizery a publié chez Riveneuve Éditions son dernier roman, le Télescope, ainsi que ses deux précédents, Le Manteau blanc du Berlaymont et Le Guerrier vénète. Il est membre du comité de rédaction de RIVENEUVE Continents et anime des émissions littéraires sur Canal Académie, la radio sur Internet des Académies de France.
Directeur honoraire des Communautés européennes, il est aussi membre du conseil scientifique de l’Institut international Transcultura.

François-Pierre Nizery dirige la collection littéraire Arpents chez Riveneuve Éditions.


12 x 20 cm - 165 pages
ISBN: 978-2-914214-79-7

Prix: 12 €




12 x 20 cm - 62 pages
ISBN: 978-2-914214-73-5

12 €
Eloge de la contemplation
de Lyonel Trouillot

Lire ces morceaux de poésie de Lyonel Trouillot, c’est d’abord lire une sorte de liturgie de l’échappée, un chant de liberté comme il en existe peu, une parole qui résiste à tous les enfermements, à toutes les barrières, à tous les vides de la conscience qui voudraient la noyer.
Il y a le regard qui semble s’éteindre derrière les barreaux d’une prison, mais qui, en vérité, s’en fait des alliés. Les barreaux transportent le regard. L’enfermement devient une voie d’accès à la lumière, à l’autre, au corps qui se profile de l’autre côté du fleuve.
Ce regard-là n’est pas un regard qui perce. Ce n’est pas un regard que l’enfermement transforme en une flèche de désir, de violence contenue, donc décuplée. C’est tout le contraire, c’est un regard paisible, le regard du Poète. C’est une Contemplation, comme si la cellule d’une prison pouvait n’être qu’une cellule monacale, d’où l’on peut voir toute la beauté du monde.
Mais après il y a aussi la folie, le regard qui tourne sur lui-même, s’enferme dans une île. Quelle île ? L’échappée devient errance. La parole du poète devient le cri du Fou des îles, un cri qui n’a plus d’écho puisque perdu dans son miroir, le déni du crime, le déni de l’autre.
L’instant suivant, on respire. L’errance au gré des îles qui passent fait place au souffle de la libération, quand vient le Rendez-vous. L’échappée se fait belle, retrouve sa couleur. Le chant de la liberté se fait murmure.
L’un rencontre l’autre. L’homme rencontre la femme, sans passer par le fleuve du silence.
Et puis, il y a le doute, l’échappée devient fuite. La femme s’en va. Retour de l’incertain.
Poésie ? Oui poésie, fragments d’une prose qui délaisse les vers avant de se laisser rattraper, poésie pure. Une merveille d’un genre qui n’en est pas un.
François-Pierre Nizery

Rue du Théâtre français
Sara Vidal

Sara Vidal porte, dans Rue du Théâtre français, un regard inhabituel sur sa ville, Marseille. Dans ce roman, écrit en forme de script théâtral et dans une langue très poétique, elle nous livre tout ce qu'une petite rue proche de la Canebière peut dire, une petite rue piétonne où voisinent, à l'entour, l'hôtel « Les Cytises », refuge d'immigrés du monde entier, un lycée, le Lycée Thiers, et surtout le Théâtre français (théâtre du Gymnase – Armand Hammer) du nom d'un riche mécène, né d'un couple d'immigrés venu d'Odessa au début du siècle, exemple d'immigration réussie (mais qu'est-ce qu'une immigration réussie ?) qui fait face à la misère qui traîne dans la rue, lieu de rencontre de personnages en attente d'une vie délivrée par le théâtre, la danse, ou la poésie, des remugles de leur histoire. La rue devient une scène, avec comme témoin improbable le scribe, un SDF saisi par l'écriture, qui note sur son carnet, sous le regard de ses compagnons, pouilleux comme lui, l'histoire d'oiseaux migrateurs.
Un roman très actuel et saisissant.



12 x 20 cm - 192 pages
ISBN: 978-2-914214-65-0
Prix : 12 €
Riveneuve à paraître

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